Si vous aimez les fleurs en relief, les couleurs joyeuses et les hirondelles qui volent en majolique, vous allez adorer George Jones.
Dans le monde très élégant de la céramique anglaise, c’est un peu le Hermès de la barbotine : raffiné, exubérant, et toujours impeccablement réalisé.
Mais qui est-il, ce George Jones, et pourquoi ses cache-pots atteignent aujourd’hui des prix à trois zéros ? Installez-vous, on vous raconte…
Une success story anglaise (à la sauce XIXe)
L’histoire commence en 1861, à Stoke-on-Trent, capitale incontestée de la faïence anglaise. George Jones, ancien employé de Minton (excusez du peu), décide de fonder sa propre fabrique. Il a du goût, du talent, un flair commercial redoutable et une passion pour les pièces très décoratives.
Il participe très vite aux grandes expositions internationales (Paris, Philadelphie, Vienne) et y récolte des médaille sur médaille, notamment pour ses fameuses majoliques anglaises, appelées en France barbotines.
Mais c’est quoi exactement, la barbotine anglaise ?
Bonne question.
La majolique victorienne (qu’on appelle souvent barbotine par chez nous) est une céramique émaillée très colorée, souvent en relief, pleine de motifs floraux, d’animaux, de fruits… et d’une poésie exubérante absolument typique du style anglais du XIXe.
La différence avec la barbotine française ?
Elle est souvent plus travaillée, plus narrative, et plus… disons-le franchement : spectaculaire. George Jones en est le roi incontesté.
Des cache-pots pas très discrets (et c’est tant mieux)
Ce qui fait le succès des pièces signées George Jones, ce sont leurs décors riches, sculptés, détaillés à la main, souvent en plusieurs niveaux de relief.
Parmi ses modèles les plus célèbres :
- Les cache-pots à décor d’arums et d’hirondelles
- Les vases à motifs floraux exubérants
- Les assiettes ornées de fruits, papillons et insectes tropicaux
- Les pichets animaliers, parfois pleins d’humour et de fantaisie
Chaque pièce est un petit monde à elle seule, souvent marquée d’un cartouche “George Jones & Sons”, ou du fameux trèfle imprimé sous la base.
Pourquoi ses pièces valent cher aujourd’hui ?
Parce qu’on est loin du tout-venant de la céramique.
George Jones, c’est la qualité d’exécution, la richesse des décors, et surtout une rareté qui fait rêver les collectionneurs.
Aujourd’hui, les plus belles pièces atteignent facilement entre 1 000 et 3 000 €, voire bien plus pour des modèles exceptionnels en parfait état.
Le public américain est très friand de ces majoliques anglaises, tout comme certains décorateurs de prestige ou les collectionneurs français férus de céramiques XIXe.
Et en France, on en trouve ?
Oui, mais rarement.
La barbotine française (Onnaing, Sarreguemines, Orchies…) est beaucoup plus courante.
Les George Jones, eux, sont de vraies trouvailles de chine, parfois cachées entre deux potiches à fleurs, attendant qu’un œil averti les repère. Et ça, vous imaginez bien que j’adore.
Comment reconnaître une vraie ?
- Le décor : très sculpté, souvent en fort relief
- L’émail : profond, brillant, sans coulures ni bavures
- La base : souvent marquée, ou avec un chiffre moulé en creux
- Le sujet : botaniques, oiseaux, animaux, très soignés dans les détails
- L’état : méfiez-vous des pièces trop parfaites, les restaurations sont fréquentes
Mon conseil si vous en croisez une ?
Sautez dessus (avec grâce), vérifiez bien l’état, et ne la laissez surtout pas passer.
Que ce soit pour revendre ou pour garder, une pièce de George Jones est toujours un bel investissement… et surtout un objet qui met de la joie dans la maison.
En résumé ?
George Jones, c’est le mariage parfait entre l’audace décorative et le savoir-faire anglais.
Une barbotine de collection, précieuse, joyeuse, pleine de charme, et qu’on rêve toutes (et tous) de croiser sur un stand un dimanche matin.
Et vous savez quoi ?
Parfois, ça arrive.



